Merci à tout le monde d’être ici. Merci à Marie-Luce et Rémi de Danse en l’air pour l’opportunité de travailler dans le studio de la salle Marie-Léonie.
Les projets sur lesquels nous avons travaillé sont à un stade préliminaire, mais on aimerait partager quelques images et vidéos. Avec l’accès à l’espace et à l’équipement, on a pu donner corps à certaines idées que nous avions pour ces projets.
Un gros merci aussi à Carole Chouinard, directrice du Monument-Lefebvre, et Annik Landry de l’AAAPNB, de nous avoir orientés vers la salle Marie-Léonie.
On collabore depuis 1990, tout en poursuivant nos projets individuels. On pourrait décrire nos pratiques individuelles et collaboratives sous la forme TEXT/IMAGE.
Il y a plusieurs façons ou niveaux de collaboration. Des fois, la collaboration est plutôt technique : l’un de nous aide l’autre à réaliser le projet, que ce soit en enregistrant à la caméra ou au micro. À d’autres moments, l’idée première vient de l’un de nous, mais le projet devient collaboratif. Souvent, c’est en parlant et en échangeant que le projet se dévoile vraiment.
Nous travaillons dans les arts médiatiques, mais peut-être davantage comme des artistes visuels, c’est-à-dire que nous ne travaillons pas avec des scénarios typiques, ce qui nous amène à enregistrer des tonnes de matériel, au cas où. On crée des banques d’images, de vidéos et de matériel sonore et c’est à partir de ces ressources que nous construisons le projet. Il y a souvent des négociations concernant l’utilisation de cet extrait vidéo. On fait des échanges.
Lorsque nous travaillons ensemble, nous créons des structures où l’imagination individuelle peut émerger. Je pense à des projets comme Ce qu’on emporte avec nous, Everglades, Autour d’Osprey, Oasis et Fundy, qui ont tous fonctionné selon cette méthode.
3. DHD-PROJETS ANTÉRIEURS
Dans nos projets antérieurs, nous avons examiné divers sites géographiques, en abordant des enjeux environnementaux tout en cherchant à saisir une dimension poétique de la présence humaine sur un territoire.
« CE QU’ON EMPORTE AVEC NOUS » (2010) est une installation vidéo qui explore la présence et la mémoire en lien avec le sentiment d’appartenance à un lieu.
EVERGLADES (2014), OASIS (2018) et AROUND OSPREY (2019) constituent une trilogie de projets vidéo et audio réalisés dans le cadre de résidences artistiques menées dans diverses réserves naturelles du sud de la Floride. Nous avons exploré tour à tour chacune de ces régions avec nos caméras et nos enregistreuses, souvent en accompagnant les biologistes et les botanistes dans l’exercice de leurs fonctions. Nous avons tenté de comprendre la réalité de ces lieux en nous laissant envahir par l’esprit qui les habite.
Dans FUNDY (2019), nous avons arpenté la biosphère de Fundy en incarnant des astronautes pour évoquer la présence humaine changeante et la valeur planétaire.
In general, the work of the artist involves witnessing in the world and instigating discussions. We can move out from that standpoint.
We are currently working toward two exhibitions that entail completing works that may or may not be included in either of our exhibitions: Subduction, or Collections. Within both of these projects, we will be creating photographs, videos, poetries and constructing objects related to topics valuable to human progress over time.
Subduction — is based in the idea of Deep Time and the slippage that occurs over time periods that are too distant for comparison within our brief human history, and the focus of our concerns.
Collections – We have sometimes collected things rather than tossing them.
Avant d’aller plus loin, j’aimerais partager un diagramme qui nous a grandement impressionnés. Nous allons sûrement intégrer quelques-uns des questionnements qu’il soulève dans le cadre de notre projet « Subduction ». Comme Valerie l’a mentionné, notre approche dans ce nouveau projet se structure autour de la notion de temps profond. J’ajouterai que cette structure s’articule autour des traces de la présence humaine, ainsi que de celles des systèmes naturels non créés par l’humain. L’installation se conçoit comme une méditation sur l’impermanence du temps et une réflexion sur la résilience de la vie.
En regardant le diagramme, tiré du livre d’Elizabeth Kolbert « The Sixth Extinction : An Unnatural History », on peut se rendre compte à quel point nous, les êtres humains, sommes petits. Mais c’est peut-être là le paradoxe de la vie; notre place infime ne correspond pas à l’amplitude de nos sentiments. Nous sommes si petits et pourtant nous avons la capacité de ressentir des émotions, la joie, la douleur, le bonheur, de façon disproportionnée par rapport à notre place sur cette échelle de la vie. Il suffit de penser à l’intensité d’une simple coupure faite avec une feuille de papier sur le bout d’un doigt pour voir la virulence de ce qui est ressenti .
Lors d’une résidence de création au MBAB en 2023, nous avons développé deux personnages reconnaissables à leurs chapeaux hauts de forme et à leurs longs manteaux. Une première série photographique les montrait évoluant dans des paysages composites, interrogeant la perception, la temporalité et la relation au territoire. Ces essais constituent l’inspiration pour la base vidéo de l’installation.
L’autre projet s’articule autour de l’idée de « collections ». Ces accumulations d’objets se sont déployées progressivement au fil du temps. Au départ, il s’agissait d’actions presque automatiques : collecter sans buts immédiats, que ce soit des bouchons de bouteilles ou des puces de cartouches d’encre.
Au fur et à mesure que ces collections s’accroissaient, l’idée de leur utilisation dans un contexte artistique se précisait. Derrière chaque œuvre, il y a un questionnement sur le temps, sur la présence humaine sur l’échelle temporelle et sur la qualité performative, souvent répétitive, de toute activité.
Nous avons réalisé du travail de documentation pour une œuvre qu’on appelle « Guirlande ». Nous en parlerons plus longuement en fin de présentation.
En studio sur fond noir
En studio sur écran vert
Dictionnaires :
Laisser tomber des pages d’une échelle
Laisser tomber des livres d’une échelle
Marcher sur des dictionnaires
Danser avec ou sur des dictionnaires
Lire des dictionnaires
Nous avons mis en scène les deux personnages
avec les costumes de pages de dictionnaire:
interagissant avec les dictionnaires
interagissant entre eux
Nous avons laissé tomber les pages d’un vieux journal
de la mission Apollo 1969
Guirlande (collections) documentation
Tests de projection sur un cône
Tests de projection sur les costumes de dictionnaires
8. VL-DICTIONARY
The Dictionaries and reference books project: In Reference To: / En référence à – is an in-progress exploration. It rose from the idea of examining how we now rely on the Internet to research so many topics. I wanted to take a closer look at the major shift, from no longer relying on paper copy books to do research. I am happy to have found that books are not being abandoned; it seems that they have just taken the back seat in contemporary culture.
I put out a call before Christmas asking for donations of dictionaries that were no longer used and taking up space. I expected that a few people might pass me a dictionary or two, and that it could be a long process to gather enough volumes to start a project. Surprisingly, I received piles of book donations from both institutions and private donors during the early weeks of 2026. Dictionaries, encyclopedias, lexicons, thesauruses all came to me for the mere task of picking them up and taking them away. Through the process, I learned about the differences between some of these books and about the differences between libraries and archives.
While during this time in which we live, we might make the personal decision to research by Internet, this change reveals a major shifts in societal methods of preserving information. It seems at times, that those held up as leaders attribute little or no value to systems of information; its storage and access — nor, to reference materials that exist and hold place for research of human activity in contemporary society. It is so appropriate that the conversations between an angel and a living person in Wim Wenders’ Wings of Desire take place in a library, as well as out-of-doors in the ruins of post-World War II Berlin.
Through this project, I learned about the continuation of basic functions of libraries and archives. While both preserve materials and make them available for research use, there are some important differences between them.
I looked up specific words and found that some were close to the same in French and English, except for the pronunciation. For example: impossible / possible and impossible / possible.
Cutting the books got easier after the first book,but I could not bring myself to cut the colour photographs in the Illustrated volumes – the paper and image quality made it impossible to think about altering them.
To learn why a reference book might be retired, I consulted librarians at the Université of Moncton, the Bibliothèque de Dieppe, and Mount Allison University. I found a great and reassuring revelation, that if they have two copies of a volume, one will be retired if a more recent book arrives to the library, but the other will be retained.
I was very happy to receive all of those dictionaries and reference books, and I found out that most of them had been donated to the libraries from the libraries of individuals. Some of the books I received were from what had been the prize collections of families. They had been purchased (and treasured) while children were growing up and completing school assignments. I would like to thank Carol Taylor for donating her World Book Encyclopedia and her World Book Year Book Collections for use in the dictionary / reference project. Those are the books she acquired for her children’s use as they grew up.
I brought along a few pages to word search and, after the talk, I encourage everyone to take a few for the fun of what you might find.
Overall, the visual elements of the project are the most interesting and conclusive to date. We have set aside a lot of written notes from ‘playing with the pages’, but it will take a while to decide where to place them. In the meantime, we now have several of our own stacks to sort through.
I would like to thank Natalie Richard at the Bibliothèque Champlain, Université de Moncton; Cynthia Boudreau at La Bibliothèque publique de Dieppe; and Michael Roy at Mount Allison University, Sackville. These are the librarians who took time out of their busy routines to answer questions, and thanks to Rhonda Bulmer of the Writers Federation of NB for sending out the call for dictionaries.
Nous avons également réalisé des tests de projection sur un cône et sur les costumes des pages de dictionnaires. Une remarque sur les costumes. Deux choses : il s’agit d’un costume du savoir, c’est-à-dire qu’il est fait avec des brides de connaissances, mais le matériel, le papier, est d’une grande fragilité. Tout ce que nous avons acquis, tout ce que nous pensons d’acquis, existe précairement. Une bourrasque de vent et tout pourrait s’envoler rapidement.
The Garlands have been fashioned from wine bottle caps collected over 12 years. This project gained momentum in 2020 after seeing Brazilian artist Jac Leirner’s Lung, 1987 at the MOMA in New York. For the piece, Leirner displayed cigarette cartons strung in a line and hung on the wall. The cartons were from cigarettes she had smoked. Similarly, the Garland caps were collected during conversations over dinner and wine. The time of constructing the Garlands this spring ‘capped off’ the collection process of this work.
Merci beaucoup.
Nous allons maintenant lancer la nouvelle moisson de livres parus cet hiver chez les Éditions Basic Bruegel.














